L’Hérault du jour le 5 mars 2008

Midi Libre le 4 mars 2008

Municipales à Montpellier : premier débat public sur l'urbanisme à l'Ecole d'Architecture


Hier soir j’ai assisté au seul débat public de la campagne des municipales à Montpellier. Ce débat était organisé par l’association « Non au béton » et avait lieu à l’école d’architecture.

L’association n’avait convoqué que les trois principaux candidats : Hélène Mandroux, Jacques Domergue et Jean-Louis Roumégas. Les thèmes du débat : l’urbanisme, l’étalement urbain, la maîtrise de l’accroissement de l’agglomération, la protection des espaces verts et naturels (attention à bien faire la distinction entre les deux) et des points précis sur la future ZAD Vincent Auriol, principal item du débat.

Ce débat a été très intéressant. Gros point noir d’abord : honte à Mandroux qui n’était pas là ! Madame Mandroux se croit certainement déjà réélue, elle n’attache vraisemblablement pas d’importance à ce genre de débat! Cette attitude, lâche, montre le peu d’intérêt qu'elle accorde au débat démocratique avec les citoyens. Elle était néanmoins remplacée par Philippe Saurel, l’actuel adjoint à l’urbanisme qui a pu défendre tant bien que mal son point de vue. Le problème c’est que l’on ne sait pas quel était le rôle de Philippe Saurel : représentant de la candidate Mandroux ou bien adjoint actuel à l’urbanisme ?

Quoi qu’il en soit, le débat a pu faire apparaître des clivages :

Sur l’étalement urbain d’abord. M. Saurel souhaite urbaniser la totalité de la superficie de la commune jusqu’aux limites communales (une ville toute couverte de béton en quelque sort, quelle horreur !), M. Domergue lui ne souhaite pas se limiter au niveau communal, l’urbanisme est un problème qui doit être maîtrisé au niveau de l’agglo, M. Roumégas, lui, s’est positionné en faveur d’une « ceinture verte » autour des limites communales de Montpellier, en séparant avec les communes limitrophes de Montpellier par de vastes espaces naturels et agricole.

Sur les limites à donner à la ville. M. Domergue souhaite un développement limité et harmonieux et un gel total des ZAC et ZAD en cours et tout remettre à plat en concertation avec les habitants et mettre le paquet sur la rénovation de l’ancien habitat. M. Saurel souhaite poursuivre le politique en cours, un urbanisme et bétonnage à outrance, la poursuite des ZAD et des ZAC. M. Roumégas a une position plus tranchée : stoppage de l’étalement urbain, favoriser la rénovation de l’ancien et densifier le bâtit existant plutôt que repousser de plus en plus loin les limites des zones urbanisées.

Sur la ZAD Vincent Auriol, secteur de Thomassy, point principal du débat, M. Roumégas  a une position ferme : non à toute construction sur ce secteur, maintien des zones naturelles et agricoles. M. Domergue souhaite annuler le projet d’urbanisme actuel et limiter la construction au strict minimum, M. Saurel souhaite faire aboutir son projet.

Une vague polémique s’est ensuite engagée quand les leaders de l’association « Non au béton » ont projeté un diaporama sur l’avenir possible de l’urbanisation de ce secteur. En fait, pour l’instant, rien n’a encore été tranché. Mais, élections municipales obliges, il est légitime d’avoir le point de vue de chaque candidat sur ce projet et ce qu’ils feront une fois élus. M. Saurel a violement réagi car pour l’instant il ne s’agit nullement d’un projet de la mairie mais un projet du cabinet d’expert, mandaté par la mairie. Quoi qu’il en soit, ce projet est effrayant : quasiment toutes les zones seront urbanisées, plus de vignes, plus d’espaces agricoles, plus d’espaces verts, que du béton !

En conclusion, un débat intéressant, des candidats respectueux qui ne se coupaient pas la parole (Mandroux, la championne du coupage de parole n’était pas là), un public relativement calme, à part quelques piques contre Saurel de la part des membres de « Non au béton » présents dans la salle mais rien de bien méchant.

Sur ce point précis de l’urbanisme, la protection des espaces naturels et agricoles on a trois points de vue :

•La poursuite de la politique actuelle d’urbanisme : bétonnage à outrance et étalement prôné par Philippe Saurel et Hélène Mandroux

•Une position plus nuancée pour Jacques Domergue : un frein au béton, remise à plat de la politique actuelle d’urbanisme, protection des espaces naturels

•Une position bien plus tranchée pour Jean-Louis Roumégas : stoppage des zones constructibles sur Montpellier, mise en place d’une ceinture verte autour des limites communales, maintien des espaces agricoles et naturels, fin de la ZAD sur le secteur de Thomassy, maintien des zones vertes naturelles des rives du Lez, berges de la Mosson , berges du Rieucoulon, la Mogère.

Entre ces différents points de vue de la politique d’urbanisme sur Montpellier, et uniquement sur ce point précis, je soutiens, bien entendue, la position de Jean-Louis Roumégas, positions auxquelles j’adhère à 100%. Une fois que les ZAD et ZAC actuellement en cours de construction, arriveront à terme, il faut arrêtez de construire sur Montpellier et raisonner en terme d’agglomération. Montpellier, seule, ne peut pas absorber la quasi-totalité des nouveaux habitants.

Pour terminer, carton rouge au directeur de l’école d’architecture, je n’ai vraiment pas compris son attitude. Le débat était intéressant et légitime. L’école d’architecture est un lieu public qui dépend du ministère de la culture, le lieu était tout à fait approprié pour débattre de l’urbanisme et de l’aménagement urbain.

Commentaires

votre blog est certes interessant mais ce qui le rend particulièrement interessant est la capacité que vous avez a rester objectifs, hors sur le débat vous n'avez pas été objectif et je trouve cela trés domage.
bonne continuation et merci

Ecrit par : emmanuelle | 04.03.2008

J'étais moi aussi présent à ce débat et je trouve au contraire que vous présentez la position des 3 débatteurs de façon objective. Critiquez l'absence de Mandroux, qui avait promis à deux reprises qu'elle serait là, ne me paraît pas subjectif. De même je n'ai pas bien compris non plus l'intervention finale du directeur de l'école sinon qu'il craignait un "retour de bâtons" de la mairie ! Enfin, je tenais à féliciter l'association Non Au Béton et ses deux animateurs qui ont su poser les bonnes questions et n'ont pas laissé les candidats abuser de la langue de bois. Dommage qu'il n'y ait pas davantage de débat de ce type à Montpellier.

Ecrit par : hugo | 04.03.2008

Coucou Manu, ça me fait plaisir de voir que tu as laissé un message. Oui tu as raison, sur le débat, je n'ai pas été objectif? Mais, tu le sais, l'urbanisme sur Montpellier est un sujet qui me passionne. Difficile donc, pour moi, de ne pas donner mon avis personnel sur un sujet comme celui-là, c'est d'ailleurs pour ça que j'ai créé un blog. J'ai été, certes, un peu virulent sur l'absence de Mandroux mais parce que je trouve que ce n'est pas courtois de sa part de ne pas être venue, sachant que l'association organisatrice avait posé la date de la réunion en fonction de ses disponibilités et surtout qu'elle s'était engagé par écrit à être présente.

Ecrit par : Benjamin LE BLEVEC | 05.03.2008

tu as raison il fallait le souligner;mais il ne faut pas non plus stabiloter sinon ton objectivité s'efface et ce serai domage. sinon tu es intéressant et percutant merci pour ce blog qui est enrichissant

Ecrit par : EMMANNUELLE | 05.03.2008

 

Mandroux avance masquée sur l’urbanisation…

Ecrit par François Gombert le Mardi 4 mars 2008 à 15:37

Hélène n’a manifestement pas peur de prendre les gens pour des imbéciles… Après avoir refusé de rencontrer l’association Non au béton à plusieurs reprises, après avoir démenti avoir refusé cette rencontre puis prise au piège avoir promis sa présence au débat sur l’environnement et l’urbanisme… Elle n’a finalement pas pris la peine de se déplacer.

“Elle nous a promis à deux reprises qu’elle serait là”
Alain Berthet de l’association Non au Béton

A croire que Mme Mandoux aime balader les gens, je l’ai moi même attendu pendant plusieurs semaines après que son cabinet de communication ai donné le feu vert pour une entrevue. Inutile de vous dire qu’elle n’est jamais venue. Elle n’était pas venue non plus à la signature des voeux de la MEP, préférant envoyer l’ex-jeune (bien qu’il apporte à la liste une veritable cure de jouvence) Michaël Delafosse .

C’est donc Philippe Saurel qui a représenté Mandroux cette fois ci. Il est d’ailleurs de notoriété publique qu’il maîtrise bien mieux les sujets liés à l’environnement ou à l’urbanisme que l’actuelle “mairesse” de Montpellier. Le socialiste a donc du défendre le projet d’Hélène face au couple Roumégas/Domergue.

Le couple du moment s’est donc ligué contre le projet Mandrousien. Quand le Jedi Vert clame qu’à l’exception des quartiers dont l’aménagement est en cours “l’étalement urbain doit s’arrêter”, Jump’in Jack ajoute que “la ville finira étouffée par la démographie”.

“95% de la politique municipale ne concerne que les quartier émergents”
Jean Louis Roumégas - Les Verts

Mais la cerise sur le gâteau vint quand l’association Non au Béton présenta le cahier des charges de la Zad Vincent Auriol illustrant une volonté de la part du maire sortant d’une bétonisation folle.

“Je ne suis pas au courant de ce document. Rien n’est validé. Le conseil municipal n’en a même pas discuté” rétorqua un Philippe Saurel en position bien délicate. S’en sont suivi de vives réactions…


Le projet socialiste d’urbanisation de la ville de Montpellier est toujours aussi flou à quelques jours du premier tour et tout ceci ne laisse rien présager de bon. Hélène Mandroux déclarait d’ailleurs hier dans la presse locale que la ville serait “terminée en 2020″… Va t-on bétoner Montpellier jusqu’à ce qu’il n’y ai plus de place ?





 

Article paru sur le blog de Benjamin le Blevec

Article paru sur Montpellier Oueb